

En référence aux images d'Alain Resnais, dans son film "Nuit et brouillard", qui montrent les montagnes de lunettes ayant appartenu aux déportés, la photographe Naomie Tereza Salmon s'exprime ainsi : "Je me disais que, parmi ces milliers de personnes, il m'importait à moi de montrer l'unique, l'individuel (…) Peut-être s'agit-il là d'une tentative pour se rapprocher d'une personne, en extraire un quotidien".
Je suis aussi sensible au point de vue de Roland Barthes : "Ah, s'il y avait seulement un regard, le regard d'un sujet, si quelqu'un, dans la photo, me regardait ! Car la photographie a ce pouvoir — qu'elle perd de plus en plus, la pose frontale étant ordinairement jugée archaïque — de me regarder droit dans les yeux (voilà au reste une nouvelle différence : dans le film, personne ne me regarde jamais : c'est interdit — par la fiction)."
En photographiant l'objet, elle conçoit, dit-elle, un portrait.
Photographies de Naomie Tereza Salmon, dans l'exposition permanente de la série Asservate, musée de Buchenwald, 1998. Propos extraits de "Mémoire des camps", éditions Marval, 2001
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Je suis aussi sensible au point de vue de Roland Barthes : "Ah, s'il y avait seulement un regard, le regard d'un sujet, si quelqu'un, dans la photo, me regardait ! Car la photographie a ce pouvoir — qu'elle perd de plus en plus, la pose frontale étant ordinairement jugée archaïque — de me regarder droit dans les yeux (voilà au reste une nouvelle différence : dans le film, personne ne me regarde jamais : c'est interdit — par la fiction)."
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